11.10.2007

GRENELLE DE L'ENVIRONNEMENT

Journal Ouest-France du jeudi 11 octobre 2007

 Grenelle de l'Environnement : déjà des déçus

 A Laval hier, les débats ont rassemblé 180 intervenants, dont 45 Mayennais. Des réactions fusent pour que les propositions ne restent pas lettre morte.

Parodie. Pour Françoise Marchand, conseillère municipale des Verts à Laval et vice-présidente du conseil régional, le Grenelle à Laval hier n'a pas tenu ses promesses. « L'objectif était de recueillir des propositions nationales et de l'enrichir de spécificités régionales [...]. Cette consultation n'aura été qu'une parodie même si nous avons pu faire avancer quelques-unes de nos propositions sur les pesticides ou les risques électromagnétiques. »

 Elle faisait partie d'un atelier sur l'environnement et la santé et salue « le travail du groupe national qui a fait un travail approfondi ». Mais « les propositions d'action concrètes sont beaucoup moins novatrices et les thèmes sérieux ont été édulcorés par les différents lobbies ». Question : « Comment pouvions-nous débattre en deux heures et approfondir 129 propositions ? » Françoise Marchand évoque une « stratégie d'étouffement du mouvement écologique qui vise le président de la République. [...] Le mouvement écologique aura néanmoins joué en toute loyauté le jeu de cette consultation ».

Manque de dialogue. Bruno Bertier de Cap 21 (le parti de Corinne Lepage) et conseiller municipal à Laval, dénonce le manque « prévisible » de dialogue sur l'environnement, le réacteur nucléaire EPR à Flamanville et la ligne à très haute tension. Il exhorte les élus de la Mayenne à prendre « clairement position pour que le débat soit possible avec tous les Mayennais qui sont en droit de connaître l'ensemble des conséquences tant sanitaires qu'environnementales ».

 Dans le camp du gouvernement. Guillaume Garot, député et conseiller général de Laval, participait au Grenelle et estime que « la réunion a permis un débat constructif ». Malheureusement, il regrette que la question de la THT ait été « rapidement évacuée, comme celle de l'EPR alors qu'il s'agit de choix énergétiques majeurs pour notre pays. » Mais à ses yeux des propositions « exigeantes » ont été exprimées dans les ateliers du Grenelle d'hier : sur les cultures OGM en plein champ, la réduction des pesticides, sur les transports, la qualité de l'eau. « La balle est désormais dans le camp du gouvernement [...] pour de vraies avancées pour le développement durable en France. Des espoirs sont nés avec le Grenelle. Le gouvernement ne doit pas les décevoir. »

 Et le train ? Des représentants de la Fédération régionale des usagers des transports (Fnaut) ont participé à l'atelier sur la lutte contre les changements climatiques et la maîtrise de la demande en énergie. La Fnaut y a rappelé ses objectifs : réduire la vitesse sur autoroute, le développement du fret ferroviaire, la réduction d'émissions de CO2 des véhicules, l'éco-redevance... Régionalement, la Fédération demande « une réorientation fondamentale des fonds d'intervention des collectivités au profit de modes de transport peu polluants ». La Fnaut milite toujours pour la conservation et la réouverture de lignes ferroviaires, l'accès aux loisirs sans voiture, le développement du vélo... Et interroge sur la manière dont les propositions du Grenelle « seront portées à la connaissance du public et suivies par les acteurs de la négociation finale ».

Les commentaires sont fermés.